- 2026
- 08
- Jul
Première session de l'atelier d'harmonisation des données de surveillance et de laboratoire : des acteurs de santé mobilisés pour améliorer la qualité des données
TOGO – Afin d'améliorer la qualité des données utilisées dans la surveillance des maladies à potentiel épidémique (MPE), les points focaux de surveillance intégrée, les responsables de laboratoires, les gestionnaires de données ainsi que les partenaires techniques et financiers se sont réunis du 01 au 03 Juillet à l'hôtel le terminal à agbodrafo lors d'un atelier d'harmonisation des données de surveillance et de laboratoire. Organisée par le Ministère de la Santé, de l'Hygiène publique, de la Couverture Sanitaire Universelle et des Assurances, à travers la Division de la Surveillance Intégrée des Urgences Sanitaires et de la Riposte (DSIUSR) et l'Institut National d'Hygiène (INH), cette rencontre vise à réduire les écarts entre les données issues de la surveillance épidémiologique et celles des laboratoires afin de renforcer la détection précoce et la riposte face aux épidémies.
Une rencontre pour harmoniser les données et renforcer les capacités
Pendant plusieurs jours, les participants venus des régions sanitaires du Grand Lomé, Maritime, Plateaux, Kara, Centrale et Savanes ont travaillé sur l'analyse des écarts observés entre les données de surveillance et celles des laboratoires. Les travaux ont également porté sur le renforcement des capacités des acteurs sur l'utilisation du DHIS2, la correction des incohérences, la mise à jour des résultats de laboratoire et l'élaboration de solutions pour améliorer durablement la gestion des données des maladies à potentiel épidémique.
Pour Dr NIKIEMA PESSINABA Christelle, Cheffe de la Division de la Surveillance Intégrée des Urgences Sanitaires et de la Riposte, cet atelier répond à une nécessité opérationnelle.
« Cet atelier réunit les points focaux de surveillance et de laboratoire de tous les niveaux afin d'harmoniser les données que nous collectons sur la méningite et les autres maladies à potentiel épidémique. »
Pourquoi les données sont-elles parfois différentes ?
L'un des principaux constats ayant motivé l'organisation de cette rencontre est l'existence de discordances entre les données de surveillance et celles enregistrées par les laboratoires.
Selon Dr NIKIEMA, ces écarts s'expliquent notamment par la diversité des sources d'information.
« Certains échantillons arrivent directement au laboratoire sans passer par les points focaux de surveillance. À l'inverse, certains cas recensés par la surveillance ne bénéficient pas forcément d'un prélèvement analysé au laboratoire. Cela entraîne des discordances qu'il est indispensable d'examiner ensemble afin de valider les données », explique-t-elle.
L'objectif est donc de disposer de données harmonisées, fiables et actualisées afin de faciliter la prise de décision et la planification des interventions sanitaires.
Le DHIS2, un outil au service de la qualité des données
L'atelier a également permis de renforcer les compétences des participants sur l'utilisation du DHIS2, plateforme nationale de gestion des données sanitaires.
Pour Dr TCHANILEY GANIOU, médecin épidémiologiste à HISP West and Central Africa, le système dispose de nombreux mécanismes garantissant la qualité des informations.
« Dans le DHIS2, chaque élément de donnée possède des règles de saisie et de validation. Certains champs n'acceptent que des chiffres, d'autres sont soumis à des règles de cohérence. Ces mécanismes permettent déjà de sécuriser la qualité des données. La véritable limite reste le facteur humain », souligne-t-il.
Au-delà des aspects techniques, les participants ont été sensibilisés aux bonnes pratiques permettant de limiter les erreurs de saisie et d'améliorer la cohérence entre les différents niveaux du système de santé.
Des défis quotidiens sur le terrain
Pour les acteurs de terrain, les difficultés commencent souvent dès la notification des cas suspects.
Mme AKUTSA Yawa Kafui, point focal laboratoire du district de Kloto et surveillante au CHP de Kpalimé, explique que les fiches de notification sont parfois incomplètes ou mal renseignées.
« Les prescripteurs demandent parfois les examens sans remplir correctement les fiches de notification. Nous sommes obligés de revenir vers eux pour obtenir les informations manquantes avant de pouvoir renseigner la base DHIS2. »
Selon elle, cet atelier permettra non seulement d'améliorer la qualité des données mais aussi d'identifier les difficultés rencontrées dans les autres districts.
« Cette harmonisation nous permettra de mieux identifier les districts où la méningite constitue une menace et d'adapter nos stratégies. Elle contribuera également à réduire les informations manquantes dans les fiches de notification. »
Faire de l'harmonisation une pratique de routine
Au-delà de cette rencontre, les organisateurs souhaitent instaurer un mécanisme permanent d'harmonisation des données.
Pour Dr NIKIEMA, ce travail ne doit plus être ponctuel mais devenir une pratique régulière.
« Nous attendons que cette harmonisation soit réalisée chaque semaine au niveau des districts, des régions et du niveau central. Cela permettra d'éviter l'accumulation des écarts et d'obtenir des données de meilleure qualité. »
Elle annonce également que des réunions conjointes entre les équipes de surveillance et les laboratoires seront organisées afin d'assurer le suivi des recommandations et de comparer régulièrement les données enregistrées dans le DHIS2.
Des données fiables pour une meilleure riposte
À l'issue de cet atelier, les participants repartent avec des compétences renforcées, une meilleure maîtrise des outils numériques de surveillance et une méthodologie commune d'harmonisation des données.
En améliorant la qualité des informations sanitaires, le Togo renforce sa capacité à détecter rapidement les épidémies, à orienter efficacement les interventions et à protéger durablement les populations face aux maladies à potentiel épidémique.
Pour Dr NIKIEMA, les premiers bénéficiaires de cette démarche restent les populations.
« Les acteurs de terrain sont au cœur du système. Ce sont eux qui produisent les données qui nous permettent de planifier et d'organiser efficacement la riposte aux épidémies. »
En renforçant les capacités des acteurs de la surveillance et des laboratoires, cette première session de l'atelier constitue une avancée importante vers une gestion plus efficace des données sanitaires et une meilleure préparation face aux urgences de santé publique. L'INH remercie le Center for Disease and Prevention Foundation (CDPF) pour son accompagnement financier, ainsi que l'ensemble des partenaires techniques et des participants, dont l'engagement contribue au renforcement durable du système national de surveillance épidémiologique.
