- 2026
- 24
- Apr
VALIDATION DE LA STRATÉGIE DE MOBILISATION DES RESSOURCES DU FUTUR INSP AU TOGO
Le Togo
renforce les bases de son système de santé publique. Du 22 au 24 avril 2026, un
atelier de relecture et de validation de la stratégie de mobilisation des
ressources de l’Institut national de santé publique (INSP) s’est tenu à Lomé,
réunissant décideurs, experts et partenaires techniques et financiers autour
d’un objectif commun : assurer un financement durable du secteur.
Cette rencontre s’inscrit dans le processus de mise en
place de l’INSP, une institution stratégique issue de la fusion de plusieurs
structures clés, notamment l’Institut national d’hygiène (INH), le Centre des
opérations d’urgence de santé publique (COUSP), la Division de la surveillance
intégrée des urgences sanitaires et de la riposte (DSIUSR) et le Programme
national de prévention et du contrôle des infections (PNPCI).
Mobiliser plus de 15 milliards de FCFA
Au cœur des
discussions figure le financement du plan de développement 2025-2030 de l’INSP,
estimé à plus de 15 milliards de FCFA. Un défi de taille, dans un contexte où
près de 70 % des ressources restent à mobiliser.
Jusqu’ici, les mécanismes de financement reposaient
essentiellement sur des approches ponctuelles et une forte dépendance aux
partenaires extérieurs. Une situation jugée fragile face aux mutations du
contexte international.
Une nouvelle approche face à
un contexte mondial incertain
Pour Docteur Bato Bagnan,
expert chargé en stratégie de mobilisation des ressources pour la mise en place
de l’INSP au Togo chez CDC, la nécessité
de changer de paradigme est aujourd’hui évidente.
« Quand
on observe le contexte international, on voit clairement que les priorités
changent. Les partenaires traditionnels qui finançaient nos actions en santé
publique réorientent progressivement leurs appuis. Des facteurs géopolitiques,
comme certaines décisions politiques internationales, viennent même
compromettre les efforts des pays dans la lutte contre les maladies et la
préparation aux épidémies »
Dans ce contexte, continuer à dépendre exclusivement des
financements extérieurs apparaît risqué.
« Si nous restons
dans une logique d’attente des partenaires, il sera difficile de faire face aux
coûts de gestion de notre système de santé. D’autant plus que nos
investissements nationaux restent en dessous des recommandations
internationales, notamment celles qui préconisent d’allouer 15 % du budget de
l’État à la santé », poursuit-il.
Diversifier les financements pour mieux répondre
aux urgences
La stratégie validée propose ainsi une transformation
profonde du modèle de financement. Elle vise à explorer de nouvelles
opportunités, tant au niveau national qu’international, en diversifiant les
sources de financement.
« Il est essentiel
d’ouvrir une nouvelle dynamique, de ne plus compter uniquement sur les mêmes
partenaires, mais d’aller vers d’autres sources, y compris locales. Certains pays
comme le Rwanda ont montré qu’il est possible de mobiliser efficacement des
ressources internes et externes », souligne l’expert.
Cette diversification devrait permettre de garantir une
meilleure disponibilité des ressources pour la surveillance épidémiologique, la
préparation et la réponse rapide aux urgences sanitaires.
Créer une équipe dédiée : un
enjeu clé
Mais au-delà des orientations stratégiques, la réussite
dépendra fortement des capacités humaines.
« Le premier défi,
c’est le capital humain. L’INSP doit disposer d’une équipe dédiée, compétente,
capable de transformer les besoins en opportunités de financement. La
mobilisation des ressources doit devenir une activité structurée et permanente,
les partenaires sont plus sélectifs et imposent davantage de conditions. On ne
peut plus aller vers eux sans préparation. Il faut construire des arguments
solides et proposer des projets crédibles pour capter leur attention», insiste-t-il.
Miser sur l’innovation et les
ressources locales
La stratégie encourage également le recours à des
mécanismes innovants, notamment les partenariats public-privé et la
mobilisation de financements domestiques.
« Nos pays doivent
développer des initiatives innovantes. Il faut convaincre l’État d’augmenter
progressivement le budget de la santé, mais aussi mobiliser le secteur privé,
les philanthropes et même la diaspora pour soutenir les actions sanitaires », ajoute-t-il.
Cette
stratégie marque une étape décisive vers un système de santé plus autonome et
résilient. Elle permettra non seulement de sécuriser les financements, mais
aussi de renforcer la capacité du Togo à faire face aux urgences sanitaires,
dans un environnement mondial de plus en plus incertain.En validant ce document
stratégique, le pays se dote ainsi d’un outil essentiel pour anticiper,
financer et gérer efficacement les crises sanitaires à venir.
